Les grands absents - un éditorial de fin d'année

(photo murale de Montréal © Pic 2016)

Ouin... 

Ben ça, ça l'a été toute une année. Par quoi commencer? Par icitte. Sous prétexte d'austérité, camouflée dans les draps cheap de la rigueur budgétaire, la classe politique a complètement évacué la notion de bien commun. Ponctionnant de toutes parts les budgets anémiques de chacun des ministères, la classe politique a placé ses intérêts et ceux de ses chums avant tout. Elle n'a ménagé aucun effort  pour accroître et maintenir ses privilèges et ceux de la classe des possédants, aux dépens de la soi-disant « classe moyenne ». Véhiculé par la clique de notre versificateur national - et l'élite en faillite dont elle se réclame - le concept de liberté qu'ils vénèrent exclu d'emblée toute référence à la collectivité. 

Parallèlement à ça, la quête bonheur à tout prix, poussant à maintenir un style de vie insoutenable, a pris le pas sur le plaisir de la joie. La joie, c'est se ravir de savoir ses proches heureux; c'est savourer le plaisir de donner gratuitement, sans attente aucune - le don recèle en lui-même, sans qu'il l'ait cherché, l'ivresse de l'anticipation bienveillante. La joie est indépendante des contingences, elle émerge d'elle-même, elle jaillit en toute confiance. Dès qu'on croit la posséder, elle s'enfuit. Souveraine, elle ne compare pas. 
Le bonheur dépend; la joie est libre. 

(Photo d'une murale à Montréal © 2016 Pic) 

  
Dans un autre ordre d'idées, le phénomène du « si t'es pas avec moi, t'es contre moi » a pris une ampleur sans précédent. Le concept noble et essentiel de débat a été relégué, caduc, à l'état de rebus, dérivant tel le continent de plastique dans le pacifique. L'insulte, l'amalgame, les insinuations douteuses et la rhétorique fumeuse (du type ad hominem) ont remplacé la nuance et l'art de l'argumentaire. La facilité de l'immédiateté du rejet et le vertige de sa violence, se sont substitués au calme et à la lenteur de l'élaboration d'une pensée limpide qui, paradoxalement, suscite souvent l'adhésion lorsqu'exprimé tranquillement. 

Désobéissance. Qu'est-ce que l'autorité? Qu'est-ce qui la rend légitime? Quand devient-elle illégitime? À qui profite notre obéissance? À quel moment la désobéissance devient-elle un impératif moral? 
  

(Photo d'une murale à Montréal © 2016 Pic) 

En bref, j'en ai pas mal plus long à dire. Ça me fera plaisir de jaser de tout ça avec toi, << Test First Name >>, autour d'un pot. D'ailleurs, je serai au p'tit bar tous les lundis de février pour chanter mes nouvelles tounes, celles de Desjardins et celles de Miron. Tu viendras! 

Là, m'en va gosser des cartes de Noël en me réjouissant d'avance de la réaction de celles et ceux qui les recevront... 

Te souhaite du bon temps, en agréable compagnie, de l'abondance, de l'humour, du grand air et du silence pour t'aérer les idées. 
  
Sylvain, qui t'espère bien

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